Réseau de femmes bouddhistes en Europe – cercle de lotus blancs sur fond bleu

Réseau de femmes bouddhistes en Europe

Network of Buddhist Women in Europe

Réseau de femmes bouddhistes en Europe

Le Réseau des femmes bouddhistes en Europe est un regroupement informel créé en 2006 par des membres de Sakyadhita : The International Association of Buddhist Women et d’autres acteurs au sein de l’Union bouddhiste européenne, dans le but d’informer les citoyens européens sur le rôle des femmes et des nonnes dans le bouddhisme et de sensibiliser le public à leur situation.

Le réseau s’engage en faveur de l’égalité des chances pour les femmes bouddhistes dans des domaines comme l’enseignement, la prise de décision, l’accès à l’éducation et l’ordination. Une attention particulière est accordée au dialogue interreligieux et à la participation des femmes à celui-ci sur un pied d’égalité. Le réseau contribue aux informations, à la documentation et aux actualités publiées sur le site web de Sakyadhita France.

Avec ces objectifs en vue, Gabriela Frey, présidente fondatrice de Sakyadhita France, a introduit en 2008, en collaboration avec d’autres, le statut participatif pour l’Union bouddhiste européenne (EBU) auprès du Conseil de l’Europe, dans le cadre de la Conférence des organisations non gouvernementales.

Nous sommes actifs dans :

Une sélection d’événements, d’articles et de textes :

Conseil de l’Europe à Strasbourg, France, 21 juin 2016

Conseil de l’Europe, Strasbourg, 21 juin 2016

Outre le groupe de travail et rapport sur « Les droits humains et les religions » Gabriela Frey (Coordinatrice pour les affaires européennes de l’Union bouddhiste européenne et Présidente de Sakyadhita France) a proposé d’organiser ensemble avec les experts du genre de la conférence des OINGs un débat interreligieux intitulé : « Les religions sont-elles un lieu d’émancipation pour les femmes ? Progrès et reculs. »

Conseil de l’Europe, Strasbourg, 21 juin 2016

Pour préparer cet événement un questionnaire « Détecter la discrimination entre les hommes et les femmes » avait été envoyé. Près de mille personnes y ont répondu et l’ont renvoyé.

Les représentants des religions Abrahamiques (protestante, catholique, orthodoxe, juive, musulmane) disposaient d’environ 10 minutes pour présenter la situation et la place des femmes dans leurs religions. Jetsunma Tenzin Palmo a exposé la perspective bouddhiste.

Étant donné que le temps était limité pour s’engager dans des débats plus approfondis, les discussions ont continué le jour suivant et le Dr. Carola Roloff (Chercheuse Senior à l’Académie des religions mondiales de Hambourg) a joué un rôle actif dans ces échanges. Durant un troisième entretien, les suites à considérer à partir des discussions ainsi qu’un plan d’action ont été élaborés. Étant donné que le focus de l’agenda du Conseil de l’Europe repose sur une société non-discriminatoire et inclusive, nous souhaitons que notre proposition de continuer notre recherche et notre travail reçoive un soutien suffisant pour continuer. La plateforme pour un dialogue permanent parmi les différentes convictions proposée par l’Assemblée Parlementaire du conseil de l’Europe pourrait être un cadre bien adapté. Nous espérons qu’il sera mis en place le plus tôt possible.

Une perspective bouddhiste

par Jetsunma Tenzin Palmo

Conseil de l’Europe, Strasbourg, 21 juin 2016

Je suppose que tout le monde ici sait qui était le Bouddha ? Peu après avoir atteint l’Éveil, environ 500 ans avant JC, le Bouddha a proclamé qu’il ne rejoindrait pas le Nirvana avant d’avoir mis en place une solide communauté de moines, de nonnes, de pratiquants hommes et femmes laïques. Donc dès le départ, sa vision était que ses adeptes, monastiques et laïques, devraient étudier, pratiquer et propager son message.

Environ six ans après que le Bouddha ait commencé à parcourir le Nord de l’Inde pour enseigner le Dharma, sa belle-mère et tante, Mahaprajapati Gautami, accompagnée de nombreuses femmes de sa cour, a demandé à être ordonnée nonne. À l’époque il n’existait qu’une communauté de moines. Maintenant, selon les sources traditionnelles, le Bouddha aurait eu quelques hésitations, mais son serviteur Ananda lui aurait demandé : « Pourquoi hésitez-vous ? Les femmes ne sont-elles pas capables d’obtenir la libération ou l’émancipation ? » À quoi le Bouddha répondit: « Voyons, bien sûr que les femmes sont capables d’obtenir la libération. » Ananda lui aurait alors dit : « Alors pourquoi ne les autorisez-vous pas à tout laisser derrière elles ? » Ce à quoi le Bouddha aurait convenu : « Qu’il en soit ainsi. » Sa tante Mahaprajapati devint alors la première nonne bouddhiste et toutes ses compagnes et suivantes entrèrent également dans les ordres. Et depuis cette époque, l’ordre des nonnes est resté pérenne dans tous les pays où le bouddhisme s’est disséminé. Alors pourquoi n’entendons-nous pas beaucoup parler des nonnes ? Souvent lorsque nous voyageons en Europe les gens nous demandent : « Oh, vous êtes un moine bouddhiste ? » Et nous répondons : « Et bien en fait je suis une nonne. » « Oh, il y a des nonnes dans le bouddhisme ? » « Oui, il a des dizaines de milliers de nonnes dans le bouddhisme à l’heure actuelle.»« Comment se fait-il que nous ne sachions rien d’elles? »

En fait, il n’est pas question de ne pas avoir eu de grandes nonnes ou femmes laïques dans l’histoire du bouddhisme. La raison pour laquelle nous n’entendons pas beaucoup parler d’elles est bien sûr parce que ce sont des hommes qui ont écrit les livres. Cela est vrai dans tous les textes sacrés, pas uniquement dans le bouddhisme. Tout est écrit du point de vue des hommes et, par conséquent, bien sûr on décrit souvent les femmes comme étant dangereuses, prêtes à se précipiter sur des hommes innocents et bien intentionnés. Le féminin est dehors, au guet.

En conséquence de quoi, la plupart des textes sacrés avaient une perspective quelque peu mysogine. S’ils avaient été écrits par des femmes, le ton aurait été très différent. Mais malgré tout, dans l’histoire du bouddhisme et jusqu’à nos jours, les femmes se sont débrouillées pour camper sur leurs positions en dépit du fait que, bien souvent, elles n’étaient guère soutenues. Le bouddhisme, en se disséminant dans des pays variés tels que la Chine, la Thaïlande, le Sri Lanka, le Tibet, le Japon, etc. s’adapte remarquablement bien où qu’il aille. Le Dharma du Bouddha adopte les couleurs des cultures dans lesquelles il s’intègre.

Hier je me disais que c’est comme avoir une tasse ou un vase ou une carafe, même si la forme extérieure change, le liquide à l’intérieur reste le même. Donc, de la même manière, en se répandant dans le monde le bouddhisme s’adapte aux aspects culturels du pays dans lequel il s’établit, mais garde néanmoins sa propre identité intérieure. Par conséquent, si nous demandons quel est le rôle des femmes dans le monde bouddhiste, cela dépend beaucoup de la culture du pays en question, qui peut avoir été ou ne pas avoir été influencé par la vue bouddhiste sur les femmes.

La vue bouddhiste est que les femmes sont parfaitement capables d’atteindre l’Éveil. En fait, dans la tradition tardive du Mahayana, les femmes sont considérées comme étant la nature de la sagesse. La sagesse parfaite – comme Sophia – est représentée comme étant femelle. Il y a donc une compréhension que la nature féminine est l’incarnation de la nature de la vraie réalité. Il n’est donc pas question de devoir obtenir la sagesse, nous sommes en fait déjà de cette nature. Actuellement dans certains pays tels que Taïwan, ou de plus en plus en Chine continentale, en Corée, au Vietnam, etc. il y bien plus de nonnes que de moines et il y a plus de femmes laïques pratiquantes que d’hommes. De nombreuses associations bouddhistes sont gérées par des femmes car de nos jours les femmes ont reçu une éducation. C’est là la clé. Plus les femmes sont éduquées, plus elles acquièrent des qualités de leadership.

Dans le Sud-Est de l’Asie, jusqu’à nos jours les femmes n’avaient pas droit à une éducation supérieure, par conséquent leurs voix sont plus faibles, mais elles acquièrent de plus en plus de volume. Dans la région de l’Himalaya, qui m’est la plus familière, le statut des femmes a fait un bond gigantesque durant ces 25 dernières années. Les nonnes en particuliers sont méconnaissables comparées à celles rencontrées la première fois dans les années 60. Cette année, pour la première fois dans l’histoire tibétaine, 20 nonnes vont recevoir le diplôme de Gueshé de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Un diplôme de Gueshé correspondrait à un Doctorat en théologie. Auparavant seuls les moines y avaient accès. Ces nonnes vont elles-mêmes devenir enseignantes. Donc à mesure que l’éducation va se répandre dans les rangs des femmes dans tous les pays asiatiques, de la même manière leur estime de soi va s’accroître et leur capacité à contribuer va pouvoir se développer. Les femmes sont en train de découvrir leur voix. Enfin. Et nous ne savons pas encore vraiment quelle va être leur tonalité. Mais nous espérons qu’elle ne sera seulement l’écho de la voix masculine, mais qu’elles trouveront leur propre manière de contribuer. Un autre point est que, de nos jours, personne n’essaye d’entraver ce processus. Tous les moines et érudits bouddhistes ont été très encourageants et obligeants pour faire avancer la position des nonnes et des femmes laïques dans le monde bouddhiste. Nous reviendrons donc sur la question dans 10 ans. Merci !

Network of Buddhist Women in Europe

The Network of Buddhist Women in Europe is an informal network set up in 2006 by members of Sakyadhita: The International Association of Buddhist Women and others within the European Buddhist Union, to inform European citizens about the role of women and nuns in Buddhism and to raise awareness of their situation worldwide.

The network advocates for equal opportunities for Buddhist women in areas such as teaching, decision-making, access to education and ordination. Particular attention is paid to interreligious dialogue and the equal participation of women in it. The network contributes to the information, documentation and news published on the Sakyadhita France website.

With this objective, Gabriela Frey, founding president of Sakyadhita France, in collaboration with others, introduced in 2008 the participatory status for the European Buddhist Union (EBU) in the Council of Europe, as part of the Conference of Non-Governmental Organisations.

We are active in:

A selection of events, papers and articles:

  • Webinars: niric-dialogue.eu
  • Are religions a place of emancipation for women? Progress & setbacks (text below)

Council of Europe in Strasbourg, France, 21st June 2016

Conseil de l’Europe, Strasbourg, 21 juin 2016

In addition to the working group and report on “Human Rights and religions”, Gabriela Frey (Coordinator for European affairs of the European Buddhist Union and President of Sakyadhita France) proposed to organise together with the gender expert of the conference of INGOs an interreligious debate entitled: “Are religions a place of emancipation for women? Progress and setbacks.”

Conseil de l’Europe, Strasbourg, 21 juin 2016

To prepare this event a questionnaire “tracking down discrimination between men and women” has been sent out. Almost one thousand have been filled out and sent back.

Representatives of the Abrahamic religions (Protestant, Catholic, Orthodox Jewish, Muslim) had about 10 minutes to speak about the situation and places of women in their religions. Jetsunma Tenzin Palmo exposed the Buddhist perspective.

As the time for a deeper going debate was limited, the next day the discussions continued and Dr. Carola Roloff (Senior Researcher Academy of world religions Hamburg) took an active role in the exchanges. During a third meeting suites to consider from discussions as well as an action plan have been elaborated. As the focus of the Council of Europe’s agenda lays on non-discrimination and an inclusive society our proposal to continue our research and work will hopefully have sufficient support to be continued. The platform for permanent dialogue amongst all convictions proposed by Parliamentary Assembly of the council of Europe, could be a very relevant framework. We hope that it will be set up as soon as possible.

A Buddhist perspective

By Jetsunma Tenzin Palmo

Conseil de l’Europe, Strasbourg, 21 juin 2016

I am assuming that everybody here knows who the Buddha was? Soon after the Buddha’s enlightenment around the 5th century B.C., he made the proclamation that he would not pass away into the great Nirvana until he had established the great community of monks, nuns, laymen and laywomen. So right from the start his vision was that all his followers, both monastic and lay, should study, practice and propagate his message.

About six years after the Buddha began wandering around Northern India teaching the Dharma, his stepmother and aunt, Mahaprajapati Gautami, along with many of her court ladies, requested to be ordained as a nun. There was only at that time a community of monks. Now according to the traditional sources, the Buddha hesitated, but his attendant Ananda said to him, ‘Why are you hesitating? Are women not capable of liberation or emancipation?’ So the Buddha replied, ‘Well, of course women are capable of liberation.’

So then Ananda said, ‘So then why are you not allowing them to go forth from home to homelessness?’ And the Buddha agreed, ‘So be it.’ Then his aunt, Mahaprajapati, became the first Buddhist nun and all of her ladies and followers likewise entered the order. And since that time the order of nuns has remained unbroken in all those countries where Buddhism has spread. So, how come we don’t hear much about nuns? Often even as we travel in Europe, people say to us, ‘Oh, are you a Buddhist monk?’ So we answer, ‘Well, I’m a nun actually.’ ‘Oh, are there nuns in Buddhism?’ ‘Yes, there are many tens of thousands of nuns in Buddhism at this present time.’‘How is it we don’t know about them?’

So in Buddhist history, it is not that there have not been great nuns and laywomen. The reason why we don’t hear much about them is of course because the men wrote the books. This is true of all religious scriptures not just Buddhism. Everything is written from the male point of view and therefore of course women are often portrayed as the dangerous other, ready to pounce on the nice innocent males. The feminine is out there waiting.

So, as a result, most scriptures had a somewhat misogynistic slant to them. If they had they been written from the feminine perspective it would sound very different. But nonetheless in Buddhist history up until the present day, women have managed to hold their own despite the fact that often they have not been given too much encouragement.

Buddhism as it travels to various countries such as China, Thailand, Sri Lanka, Tibet, Japan and so on, is very adaptive wherever it goes. The Buddha dharma takes on the colouring of whichever culture it happens to meet with.

I was thinking yesterday that it’s rather like we have a cup or a vase or a jug or whatever, but although the outer shape changes, but the liquid inside stays the same. So likewise, Buddhism as it goes around the world takes on the cultural aspects of the country where it settles but nonetheless it keeps its own inner identity. So likewise, if we ask, what is the role of women in the Buddhist world, a lot depends on the culture of that particular country, which may or may not have been influenced by the Buddhist view of women.

The Buddhist view is that women are perfectly capable of attaining to enlightenment. In fact in the later Mahayana tradition women are considered to be the nature of wisdom. Perfect wisdom – like Sophia – is portrayed as female, and so there is the understanding that the feminine embodies the nature of true reality. It is not that we have to acquire wisdom but that we are already of that nature.

So, in some Buddhist countries today such as Taiwan, or increasingly in mainland China, Korea, Vietnam and so forth, there are far more nuns than monks and there are also more devoted laywomen than there are lay men. Many Buddhist associations are run by women because nowadays women are educated. That is the key point. As women become educated, so they take on more and more leadership qualities.

In Southeast Asia up until now, women were denied advanced education so therefore their voice is more muted, but it’s growing stronger. In the Himalayan areas with which I am most familiar, the status of women has taken a quantum leap in the last 25 years. The nuns in particular are unrecognisable from when I first met them back in the 1960s. This year for the first time in Tibetan history about 21 nuns are going to receive the Geshe degree from His Holiness the Dalai Lama. A Geshe degree is like a Doctorate of Divinity, and previously this was only granted for monks. These nuns themselves will become teachers.

So as education spreads throughout the ranks of women in all of these Asian countries, likewise their sense of confidence and their ability to contribute increases. Women now are finding their voices. Finally. And what their voices are going to sound like we haven’t really found out yet. But we hope it doesn’t just echo the male voice; that they will find their own very unique contribution.

Another point is that nowadays nobody is hindering that, since on the whole the Buddhist monks and the scholars have all been supportive and helpful in advancing the position of nuns and laywomen in the Buddhist world. So, we will check again in another 10 years time. Thank you!

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